Dans un courrier aux candidats à l'élection présidentielle, Hervé Desplat, président de l'association AVIGOLFE (Association des Victimes civiles et militaires de la guerre du Golfe), évoque les pathologies contractées par les soldats français lors de la guerre du Golfe et dans les Balkans : « Madame, Monsieur, candidat (e) à la fonction de Président (e) de la République et de chef des armées. Je souhaiterai connaître vos positions et vos futures décisions sur les points suivants, afin de déterminer mon choix à l'élection présidentielle. 1) La France a envoyé environ 15 000 à 25 000 militaires selon les données du ministère de la Défense lors de la guerre du Golfe. Ces civils et militaires se sont regroupés au sein de l'Association AVIGOLFE (Association des Victimes civiles et militaires de la guerre du Golfe) pour faire reconnaître les risques sanitaires auxquels ils ont été exposés sur le terrain sans avoir été informés des risques potentiels. Ces risques radiologiques et chimiques ont fait l'objet d'une mission d'information parlementaire française. Il s'agit des fumées des puits de pétroles en flamme, des pesticides et insecticides épandus massivement sur les camps, des micro particules d'uranium utilisé dans la fabrication de certaines munitions dont la présence de l'isotope U 236, déchet de la combustion nucléaire, a été reconnue par les autorités françaises, d'utilisation non contrôlée de Pyridostigmine, d'expérimentation de pilules anti-sommeil Virgyl, d'amphétamines Ordinator, de cocktail de vaccins, de particules de gaz de combat (sarin, tabun, moutarde, etc..). Ce « cocktail fumant », dans lequel les militaires français ont baigné pendant plusieurs mois, a déclenché des maladies récurrentes apparaissant pour les plus graves plusieurs années après, comme des cancers induits, lymphomes, leucémies, tumeurs cérébrales, atteintes du système nerveux central, sarcome d'Ewing, etc. Les mêmes munitions à l'uranium ont été massivement utilisées au cours des opérations des Balkans et du Kosovo. On a constaté les mêmes pathologies regroupées sous l'expression « syndrome des Balkans ». Ces pathologies ne peuvent être reconnues dans le cadre de l'actuelle Code des Pensions militaires d'invalidité dont la mission d'information parlementaire et le ministère de la Défense reconnaissent par ailleurs le caractère obsolète. Madame, Monsieur, candidat (e) à la fonction de Président (e) de la République et de chef des armées, vous engagez-vous à réformer ce Code des pensions militaires et a faire en sorte qu'une loi puisse reconnaître les victimes de ces syndromes ? 2)La France a signé le protocole de Genève d'août 1949 sur la protection des victimes dans un conflit armé international. Le protocole additionnel adopté le 8 juin 1977 a réaffirmé la nécessité de développer le droit humanitaire international applicable aux conflits armés. Il est entré en vigueur le 7 décembre 1979. Il dit : « Il est interdit d'utiliser des méthodes ou des moyens de guerre conçus pour causer, ou dont on peut attendre qu'ils causeront des dommages étendus, durables et graves à l'environnement naturel » (article 35,paragraphe3). L'association AVIGOLFE a rendu publique en 2005 un rapport de l'OTAN daté du 25 août 1992 intitulé « Manuel sur les principes de sécurité OTAN applicables au stockage des munitions et explosifs militaires ». Parmi les nombreuses révélations de ce document sur les effets néfastes radiologiques et toxiques sur l'être humain, le paragraphe N°2834 stipule « un dépôt important de poussière d'uranium, de l'ordre de quelques g/m2, peut avoir un effet toxique sur les plantes et sur le bétail en pâture ». La France dispose d'un stock d'environ 600 000 munitions en uranium et se réserve le droit de les utiliser (déclaration DICOD du 19 janvier 2001). Ce type de munitions a été largement employé pendant la guerre du Golfe en 1991 où plus de trois cents tonnes ont été tirées sur le sol irakien. L'OTAN a pour sa part reconnu avoir tiré plus de 31 000 projectiles de ce type au Kosovo. L'usage de ces munitions s'est étendu aux conflits en Afghanistan en Irak et au Liban. Madame, Monsieur, candidat (e ) à la fonction de Président (e ) de la République et de chef des armées vous engagez-vous à interdire la fabrication, l'utilisation et la vente de ce type de munitions et à faire respecter le protocole de Genève de 1949 par les États producteurs et utilisateurs de ces munitions ? 3)Le ministère de la Défense utilise abusivement « le secret défense » pour ne pas répondre à des questions compromettantes et pour masquer ses responsabilités dans certains dossiers. Ce manque de transparence total est contraire aux intérêts des citoyens et aux principes de la Démocratie. Madame, Monsieur, candidat (e ) à la fonction de Président (e ) de la République et de chef des armées, vous engagez -vous à promouvoir une législation fixant clairement les règles du « secret défense » et l'accès à l'information militaire, comme c'est le cas aux Etats-Unis, depuis 1966 avec la loi dite « Freedom of Information Act » ? Dans l'attente de vous lire, je vous prie, Madame, Monsieur, candidat (e ) à la fonction de Président (e ) de la République et de chef des armées, de bien vouloir accepter mes salutations les plus respectueuses. » |
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